Méthode de formation en balintawak

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Le Balintawak est orienté vers la défense. Nous supposons systématiquement que nos adversaires sont habiles. C’est pour cette raison que nous perfectionnons d’abord nos techniques de défense. Une fois que le timing et la vitesse dans la défense seront assimilés, les progrès dans l’offensive seront automatiques. Quand à la fois les techniques de défense et d’attaque sont acquises, la fluidité dans le mouvement est réalisée. C’est alors que l’on reconnaît la vraie compétence d’un eskrimador ; c’est l’essence du Balintawak.

Le Balintawak a toujours formé ses étudiants un par un, permettant ainsi de comprendre plus rapidement les subtilités de l’art; un élève intermédiaire forme un élève débutant, un avancé forme un intermédiaire et un instructeur forme un avancé. Avec cette méthode individualisée, le Balintawak a toujours produits des eskrimadors efficaces.

Le concept de l’agak est central à la formation en Balintawak. Littéralement, ce mot de Cebuano signifie « pour guider et aider ». Ainsi, c’est avec cette philosophie que le Balintawak transfère ses connaissances d’eskrima, à partir du maître vers l’instructeur et de l’instructeur vers l ‘étudiant.

A l’époque de Venancio Bacong, la formation était très stricte : le premier jour, un bâton (olosi ou garote) était remis à l’étudiant, afin qu’il se protège en utilisant les techniques de son choix pour essayer de se défendre des attaques qui lui étaient portées. Après avoir été frappé, on lui enseignait alors les techniques de défense. Il en était de même pour les techniques avancées. Avec cette méthode de formation, GM Bacong a produit de nombreux eskrimadors de très haute renommée.

Son étudiant le plus remarquable, Jose Villasin, était incapable de reproduire les nuances de la méthode d’enseignement. Ce dernier a donc créé le système de groupes, qu’il a utilisés avec Teofilo Velez, pour former les étudiants en Balintawak. De cette manière, l’étudiant pouvait très clairement situer sa progression et ses connaissances en Balintawak.

L’étudiant apprenait les 12 attaques de base avec un positionnement correct des jambes, permettant ainsi d’optimiser l’équilibre, la puissance et la vitesse. Puis, c’était au tour des 12 défenses de base. Il apprenait à déplacer son bâton en même temps que sa main gauche (vide), permettant ainsi de sentir le bâton de son adversaire ; cela s’appelle la main vivante du balintawak.

Ensuite, après avoir assimilé les bases, l’agak devient plus sérieux lors de l’apprentissage des groupes. L’instructeur corrige d’une manière globale le mouvement de l’étudiant. Mais d’une manière primordiale, il mesure le développement de l’étudiant, augmentant sa vitesse et sa puissance sur chaque attaque. Pendant que les réflexes de l’étudiant deviennent naturels, l’instructeur commence à ajouter les groupes aux exercices. L’étudiant est ensuite constamment bombardé d’attaques, jusqu’à ce que son bras ne puisse plus tenir son bâton. Le repos est alors mérité.

Les groupes sont des formes d’attaques employées par l’instructeur pour enseigner à l’étudiant certains mouvements qu’il devra maîtriser. Le premier apprend à l’étudiant à utiliser sa main gauche, pour saisir, soulever, contrôler. Le deuxième groupe est sur le travail du punio, avec un certain mouvement de corps. Le troisième travaille des tochadas, dungas, des poussées. Le quatrième groupe étudie des attaques en abanico. L’étudiant apprend à pencher et tordre son corps pour éviter et bloquer les attaques. Le cinquième et dernier groupe étudie les « emprisonnements », les frappes de poing, familiarisant l’étudiant aux pièges.

Pendant sa progression, il devra cultiver une certaine fluidité de mouvement, lui permettant de bloquer ou annuler les attaques de ses adversaires. L’instructeur utilisera alors les techniques de witik, pour augmenter constamment les réflexes défensifs de l’étudiant. Il incorporera ensuite toutes les techniques de balayages, coups de pieds, coup de poings, désarmements, poussées, clés, coup de coude, punio, familiarisant l’étudiant à des possibilités défensives et blessantes.

Cette formation est identique pour un travail mano mano.

 

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